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VHS - Proserpine, reine des enfers

Publié le

Dans le jardin crépusculaire de la VHS, où fleurissent les jaquettes aux couleurs saturées, une divinité surgit des limbes, portée par une mélodie d'ailleurs, tel un arc-en-ciel qui s'étire dans l'infini des possibles : Proserpine. 

Déesse des saisons, mi-Cérès, mi-Pluton, entre printemps du genre et hiver du bon goût, elle naquit dans les vapeurs sulfureuses de Février 1980, dans un monde où les bobines grésillaient encore de désir. Ses premiers souffles furent érotiques et lubrique, à en faire rougir ses jaquettes, à en faire gémir Impex, à en faire tirer les rideaux de vidéoclubs spécialisés. 

Mais très vite, Proserpine changea de peau, troqua le satin contre le cuir, les soupirs chauds contre les cris glaçants, la semence contre le sang, et se lança furieusement dans la grande foire du cinéma de genre. Films d'aventures, frissons en tout genre, comédies vaillantes, thrillers poussiéreux, monstres cadavéreux, joyaux de la bruceploitation, folies en moto, bref... un catalogue hétéroclite et bouillonnant explosa, avec plus de 500 titres dans le chaudron.

Une diversité de couleurs, d'odeurs et de saveurs
Une diversité de couleurs, d'odeurs et de saveurs
Une diversité de couleurs, d'odeurs et de saveurs

Une diversité de couleurs, d'odeurs et de saveurs

Proserpine ne sortait pas seulement un film, elle l'encensait, par des concours à 500 000 francs, coffrets géants, soirées baroques à Cannes, sans parler de cette rumeur concernant un supposé blanchiment d'argent suite aux dépenses publicitaires astronomiques, comme une touche de soufre sous les paillettes, un parfum de scandale toujours bon pour la légende et la mythologie.

Et à travers ses bandes, c'est tout un plan du cinéma déglingué qui prend vie : "Hellriders", gang de motards en roue libre, la motosploitation nanardesque dans toute sa gloire métallique, ou bien les redoutables couleurs explosives dessinées par Melki sur la VHS de "Impact 5", "Fury" ou de "Cimetière de la morale", la coquinerie de "Sweet Savage", grand classique de la polissonnerie X, la jaquette fulgurante de la ravissante et très rare VHS de "Nuit Noire" (aussi intitulé "One dark night"), le "Trash" de Warhol, injecté de substance toxique, ou encore la furie improbable de l'introuvable "Bruce contre-attaque", une des plus extravagantes couillonnade de la bruceploitation desservie par un de ses clones, Bruce Le, sur la terre du coq, entendons-le !  

Et tant d'autres que je n'ai hélas par encore la chance de posséder en VHS ("La Machination" de Fulci, par exemple). 

Comme l'impression de se faire exploiter
Comme l'impression de se faire exploiter
Comme l'impression de se faire exploiter
Comme l'impression de se faire exploiter
Comme l'impression de se faire exploiter
Comme l'impression de se faire exploiter

Comme l'impression de se faire exploiter

Chaque VHS Proserpine est une échappée belle dans le cinéma d'exploitation, un éclat de bon et mauvais goût devenu somptueusement nostalgique. Un artefact de la pellicule oubliée, souvent inédite en DVD et blu-ray. Une relique de l'excès. Un bijou de vidéoclub, toujours en harmonie sur l'étagère d'un collectionneur toujours réfractaire aux flammes du bûcher culturel. 

Ô Proserpine, Toi la déesse qui régnais sur les saisons du genre, mille et une grâces pour avoir imprimé sur nos écrans cathodiques la lumière étincelante des plaisirs interdits.

500 titres paraît-il... J'ai encore de la marge

500 titres paraît-il... J'ai encore de la marge

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